UMP Guingamp
Le secrétaire général de l'UMP, Xavier Bertrand, a défendu dimanche soir la nationalisation de la campagne des élections régionales par l'UMP et l'implication du président Nicolas
Sarkozy au côté de son parti. [Photo © Luc Lamotte - Novembre 2009]
"Quand vous n'assumez pas les choix qui sont ceux d'avoir une élection de caractère politique et nationale, cela ne se passe jamais bien", a déclaré M. Bertrand, invité du Grand Jury RTL/LCI/Le Figaro.
La veille, les ténors de l'UMP, François Fillon en tête, avaient appelé la majorité présidentielle à mener la campagne régionale "dans l'unité" et sur des "priorités" nationales pour défendre l'action de Nicolas Sarkozy.
Pour M. Bertrand, "la question centrale" du scrutin de mars prochain "sera celle de la poursuite du changement au niveau national et dans les régions".
"La France est en train de changer en profondeur mais seulement dans nos régions les choses ne changent pas. Dans nos régions, nous n'avons pas le même changement qu'au niveau national parce que les régions socialistes ont voulu s'ériger en contre-pouvoir", a-t-il poursuivi.
Il a accusé certaines régions, sans les nommer, "de ne pas jouer le jeu du plan de relance".
"Quand tout le monde va dans le même sens, quand on décide de laisser la politique politicienne et qu'on a en tête l'intérêt général, on sort plus vite de la crise et on en sort dans de meilleures conditions", a-t-il fait valoir.
Le numéro un de l'UMP a défendu également la présence samedi du chef de l'Etat au Conseil national du parti présidentiel, vilipendée par le PS comme contraire à l'esprit des institutions.
Pour lui, il s'agit en fait d'une illustration de la "rupture" prônée par Nicolas Sarkozy. Et "cette rupture est synonyme de transparence", a-t-il dit, en relevant que "tous" les prédécesseurs de M. Sarkozy s'étaient "intéressés à leur famille politique". "Moi, je préfère que les choses soient claires, qu'il n'y ait pas des réunions discrètes à l'Elysée et des visiteurs du soir. Moi, je trouve que cela a du sens".
Nicolas Sarkozy va s'impliquer sur le terrain
Le secrétaire général de l'UMP Xavier Bertrand estime que Nicolas Sarkozy garde "un lien très fort" avec l'UMP et qu'il va s'impliquer personnellement dans la campagne des régionales, dans un entretien au Figaro à paraître samedi.
A la question de savoir s'"il y a un lien très fort entre le président de la République et sa famille politique", M. Bertrand répond : "Evidemment!"
"Ça a toujours été le cas par le passé, sauf qu'au Mouvement populaire, nous l'assumons à 100%", et "campagne ou pas, il continuera à s'investir sur le terrain", ajoute M. Bertrand.
"Ce serait mal le connaître que de croire qu'il va rester enfermé dans son bureau parce qu'il y a une élection", insiste le numéro un du parti présidentiel.
Il pronostique "plusieurs victoires" pour l'UMP à l'issue du scrutin des 14 et 21 mars prochains, sans toutefois préciser combien ni dans quelles régions. La gauche détient 20 des 22 régions métropolitaines.
L'UMP présentera samedi, lors d'un Conseil national, l'ensemble de ses têtes de listes régionales et départementales.
"Le véritable lancement de la campagne", précise M. Bertrand "se fera au cours d'un meeting commun" de l'UMP et des alliés de la majorité "fin janvier".
Dix-neuf membres du gouvernement sont "têtes de listes ou candidats", précise M. Bertrand.
Dans cette campagne "il y aura des engagements régionaux, mais aussi nationaux", notamment celui de "ne pas augmenter la fiscalité régionale dans toutes les régions où nous gagnerons", selon M. Bertrand.
Sur la question des alliances entre les deux tours et des intentions de vote pour le Front national, M. Bertrand estime que les alliances d'entre deux tours, "ou plutôt les rafistolages", c'est "l'affaire du PS".
"Je ne comprends pas certaines interprétations des sondages. En 2004, le Front national avait recueilli 14,7% des suffrages. Les sondages le donnent aujourd'hui à 8%. Pour moi, c'est un vrai recul et rien d'autre", ajoute-t-il.
Pas d'augmentation de la fiscalité régionale
- Le secrétaire général de l'UMP, Xavier Bertrand, a réitéré l'engagement qu'il n'y aurait pas d'augmentation de la fiscalité régionale pendant six ans "dans chacune des régions" que gagnera l'UMP en mars prochain.
"Dans chacune des régions que nous gagnerons", les candidats UMP prendront un "engagement clair, écrit, de ne pas augmenter la fiscalité régionale pendant six ans. Et nous verrons la différence", a affirmé M. Bertrand, invité du Grand jury RTL/LCI/Le Figaro.
Il a fait valoir que dans les régions socialistes (20 sur 22, ndlr) la fiscalité avait "explosé". Il a cité le Languedoc-Roussillon dirigé par Georges Frêche (ex-PS), "champion de France toutes catégories, avec 90% d'augmentation de la fiscalité notamment pour le foncier et la taxe professionnelle".
"Ce sont 6,5 milliards d'euros par an qui ont été pris aux Français avec l'augmentation de la fiscalité dans les régions gérées par le parti socialiste", a insisté M. Bertrand.
Il a promis qu'il n'y aurait "pas d'augmentation (d'impôts) au niveau national, pas d'augmentation au niveau régional", pas plus qu'au "niveau européen".
Identité nationale
Xavier Bertrand, a estimé que ce qui faisait "monter l'extrême droite, c'est de ne pas regarder les vrais problèmes", en défendant l'initiative du gouvernement de lancer un débat sur l'identité nationale.
Comme on lui demandait si ce débat n'allait pas entraîner une remontée du Front national, M. Bertrand a fait valoir, lors du grand jury RTL/LCI/Le Figaro, que ce qui "a fait monter les extrêmes, l'extrême droite dans le pays, c'est de ne pas regarder la vérité en face, de ne pas aborder les vrais problèmes".
Il a accusé au contraire la première secrétaire du PS, Martine Aubry, de vouloir faire monter le Front national en prônant une régularisation "large" des sans-papiers.
"La position de Mme Aubry, franchement la ficelle est un peu grosse! On sait que ce n'est pas un sujet qui fait l'unanimité", a-t-il dit, en ajoutant que le parti socialiste "utilise toutes les arguties possibles comme l'avait fait François Mitterrand".
Devant l'UMP, Sarkozy s'en prend aux socialistes et aux écologistes [Photo © Luc Lamotte - Novembre 2009]
Nicolas Sarkozy s'en est pris au Parti socialiste, accusé d'agiter le "chiffon rouge" des sans-papiers pour "faire remonter le Front national" et aux écologistes adeptes de la "stratégie invraisemblable de la décroissance", devant le Conseil national de l'UMP.
"Lorsque je vois qu'une personne pour qui j'ai du respect, qui est responsable d'une grande formation politique républicaine d'opposition, appelle à la régularisation massive des sans-papiers, est ce que vous croyez que je n'ai pas compris la manoeuvre ?", a lancé M. Sarkozy en évoquant Martine Aubry, lors d'un discours improvisé devant les cadres de son parti.
"De la même façon que le Parti socialiste dans les années 1980 a exploité le Front national pour gagner les élections, il s'agit à trois mois des élections régionales d'agiter le chiffon rouge pour faire remonter le Front national", a-t-il ajouté sous les applaudissements.
"Ce n'est pas une pratique qui honore ceux qui ont décidé de la prendre", a insisté le chef de l'Etat. "Tant que je serais président de la République, il n'y aura pas de régularisation générale parce que la régularisation générale a partout été une catastrophe", a-t-il répété.
Martine Aubry avait estimé la semaine dernière que son parti devait défendre l'idée d'une régularisation, selon critères, des sans-papiers.
Nicolas Sarkozy a également fustigé les écologistes. "Quand j'entends nos écologistes parfois dirent qu'ils vont faire campagne sur le thème de la décroissance, est-ce qu'ils savent qu'il y a du chômage?, est-ce qu'ils savent qu'il y a de la misère dans le monde? est-ce qu'ils savent qu'il y a près d'un milliard de gens qui ne mangent pas à leur faim et que la décroissance ça veut dire plus de misère pour tous ces gens-là ?", a-t-il asséné.
"Notre stratégie, c'est celle d'une écologie populaire, nous voulons la croissance, mais la croissance durable, voilà le message que vous devez défendre devant les Français", a lancé Nicolas Sarkozy.
Une nouvelle fois, le président a justifié l'instauration de la taxe carbone, qui a fait grincer pas mal de dents dans son propre camp. "Je vous demande d'avoir le courage d'assumer des choix structurants", a-t-il dit aux cadres de la majorité, ajoutant: "lorsque les Français recevront leur chèque au mois de février, ils comprendront".
Au-delà de l'environnement, le chef de l'Etat a longuement justifié toutes les mesures prises depuis son élection, de la baisse de la TVA dans la restauration au bouclier fiscal, évoquant une "oeuvre gigantesque de modernisation de la France".
Après "l'ouverture des hommes", Nicolas Sarkozy a également invité ses troupes à pratiquer "l'ouverture aux thèmes", citant notamment la loi Hadopi grâce à laquelle "nous sommes de nouveau entendus par les milieux culturels".
"Depuis deux ans et demi, tous les débats sans exception, c'est nous qui les portons. Toutes les initiatives sans exception, c'est nous qui les prenons", a-t-il dit, "vous êtes une famille qui est à un niveau jamais égalé dans toute l'histoire de la droite et du centre!"
Fillon prône "l'unité" pour les régionales autour de thèmes "nationaux" [Photo © Luc Lamotte - Novembre
2009]
François Fillon a une nouvelle fois appelé samedi à "l'unité" de la majorité présidentielle pour les élections régionales qu'il a placées sous le signe d'une campagne "nationale" axée sur la défense de la politique gouvernementale.
"Ce n'est pas seulement en faisant 22 campagnes régionales, chacun dans son coin, que nous combattrons cette gauche là et que nous riposterons à ses attaques contre le président et le gouvernement", a lancé le Premier ministre relayant le même message que d'autres ténors de l'UMP avant lui.
"Il va falloir du régional car les Français attendent des propositions précises mais il faudra aussi faire du national", a ajouté M. Fillon devant les cadres du parti présidentiel réunis aux docks d'Aubervilliers (Seine-Saint-Denis).
Il a également mis en garde les candidats issus de la majorité qui envisagent de présenter des listes dissidentes.
"Tout le monde devra se plier aux décisions prises (...) Il faudra mettre de côté les intérêts personnels et les sensibilités partisanes aussi légitimes soient-elles", a-t-il averti.
"Ceux qui prendront le risque de mener dans leurs régions des listes parallèles au nom de je ne sais quelles arguties politiques (...) feront tout simplement le jeu de la gauche et se disqualifieront pour l'avenir", a aussi lancé M. Fillon.
Vantant les "80% des réformes" promises par Nicolas Sarkozy, selon lui déjà réalisées et "enviées" par d'autres pays européens, François Fillon s'est attaqué frontalement à la gauche et à la première secrétaire du PS Martine Aubry.
"Sur la fiscalité régionale, la gauche s'est révélée insatiable", a-t-il accusé.
Pour M. Fillon, la "régularisation massive" des sans-papiers réclamée par la première secrétaire du PS relève de "l'irresponsabilité".
"La gauche va tenter d'instrumentaliser cette élection contre le président, le gouvernement et les réformes. Nous devons assumer notre bilan, nous devons assumer nos convictions, nous devons placer l'opposition devant la vacuité de ses propositions", a affirmé M. Fillon.
Nicolas Sarkozy est attendu en milieu d'après-midi à Aubervilliers pour apporter sa pierre au lancement de cette campagne de l'UMP articulée autour du slogan: "La France change, ma région doit changer aussi"