UMP Guingamp
Le lancement d'un nouvel emprunt auprès des Français, comme l'envisage Nicolas Sarkozy, constituerait la première opération de ce type en France depuis le fameux "emprunt Balladur" il y seize ans.
En 1993, alors que la France était, comme cette année, en récession et en proie à d'importants déficits publics, le gouvernement Balladur avait lancé un emprunt auprès des particuliers pour lever des fonds et relancer l'activité.
Rémunéré à 6% par an et d'une durée de quatre ans, il avait rencontré un vif succès, permettant de lever 110 milliards de francs (16,7 milliards d'euros), contre 40 milliards initialement attendus.
Cet emprunt était gagé sur le produit de privatisations d'entreprises publiques, alors imminentes. En clair, le souscripteur pouvait échanger son "Balladur" contre des actions de sociétés en voie de privatisation et espérer ainsi une valorisation du titre en Bourse.
Une vague de privatisations avait eu lieu en 1993-95 (BNP, Elf-Aquitaine, UAP...), permettant à l'Etat de rembourser son emprunt sans alourdir son déficit.
Etrenné en France en 1825 par le duc de Richelieu, l'emprunt public a été plusieurs fois utilisé au XXe siècle, et notamment en 1952 par le président du Conseil Antoine Pinay, en 1973 par Valéry Giscard d'Estaing, alors ministre des Finances, ou en 1982 par le gouvernement Mauroy.
Dans son allocution devant le Congrès lundi, Nicolas Sarkozy a toutefois laissé des points en suspens, en déclarant notamment que l'emprunt pourrait être lancé "soit auprès des Français, soit auprès des marchés financiers".
Les modalités de l'emprunt et son montant seront déterminés à l'issue d'un débat de trois mois visant à dégager des "priorités stratégiques" auxquels les fonds levés seront "exclusivement" alloués, a précisé le président de la République.
S'il était lancé sur les marchés financiers, l'emprunt pourrait s'apparenter aux obligations régulièrement émises par le Trésor. Leur rémunération varie en fonction de leur durée (2,10% sur 2 ans, 2,90% sur 5 ans, environ 4,45% à 4,50% sur 30 ans).
"La différence pourrait venir du fait que l'emprunt sera affecté aux priorités qui seront définies. Ce serait une vraie nouveauté", a-t-on précisé à Bercy.