UMP Guingamp
Malgré l'hostilité de certains lycéens et enseignants, Nicolas Sarkozy s'est dit lundi déterminé à mener à bien la réforme des lycées, tout en disant vouloir prendre en compte "l'angoisse" des jeunes, pour lesquels il a nommé un "haut-commissaire".
Le chef de l'Etat était à Saint-Lô pour présenter ses vœux aux personnels de l'Education nationale
Le chef de l'Etat a annoncé le lancement d'une mission sur le lycée afin de mener à bien la réforme, reportée à la rentrée 2010 après les importantes manifestations à la fin de l'année dernière. Elle sera dirigée par Richard Descoings, directeur de Sciences Po-Paris et connu pour sa politique d'élargissement de l'accès de son établissement à des lycéens de ZEP.
"Sous l'autorité de Xavier Darcos", le ministre de l'Education nationale dont il a loué le "travail remarquable", M. Sarkozy a précisé que cette mission devra faire des "propositions", "associer tous les lycéens de France" et "élargir la concertation".
Selon l'Elysée, cette concertation inclura les familles, des intellectuels hors éducation, des experts... Le chef de l'Etat, qui devait selon le texte écrit de son discours évoquer une expérimentation de la réforme par des lycées volontaires, source potentielle de polémique, ne l'a finalement pas fait.
Replaçant la question du lycée dans un contexte plus large d'une "politique de la jeunesse", il a également nommé un "haut-commissaire à la Jeunesse", en la personne de Martin Hirsch, "père" du RSA, qui conservera son titre de Haut commissaire aux Solidarités actives.
MM. Darcos et Hirsch accompagnaient le chef de l'Etat à Saint-Lô.
"Je suis plus déterminé que jamais à poursuivre l'action engagée. Tous les gouvernements ont reculé (...). Eh bien c'est un droit que je ne m'accorde pas. Bien sûr il faut écouter, bien sûr il faut expliquer", a déclaré M. Sarkozy. "J'ai été très attentif aux inquiétudes qui se sont exprimées, parfois avec une certaine force, ces derniers mois. Elles sont bien compréhensibles", a-t-il ajouté.
Comme vendredi lors de ses vœux aux personnels hospitaliers, il a assuré que la solution n'était pas "plus d'argent, plus de postes". "Si la solution du plus d'argent était la bonne, alors pourquoi tous les ministres de l'Education précédents ont-ils échoué alors qu'ils ont tous donné plus d'argent, plus de moyens?", s'est-il exclamé.
M. Sarkozy a également regretté que les syndicats aient boycotté ses vœux : "Comment s'entendre si on ne discute pas".
Les organisations professionnelles avaient décliné l'invitation, invoquant "la situation de tension actuelle dans l'Education" et accusant l'exécutif de "ne pas vouloir écouter les personnels". Ils devaient réagir en commun dans l'après-midi.