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Les agriculteurs français, auxquels Nicolas Sarkozy a annoncé un plan de 650 millions d'euros d'aide et un milliard d'euros de prêts à taux réduits, ont vu leur endettement exploser ces dernières années après avoir dû investir massivement pour moderniser leur exploitation.

"Le taux d'endettement des agriculteurs rapporté au chiffre d'affaires était de 90% en 2007 et encore de 36% par rapport à l'ensemble de leur capital", souligne Thierry Fellman, responsable économique des Chambres d'agriculture. Et "il augmente à un rythme de plus en plus rapide ces derniers mois".

Ainsi, dans le Finistère, le taux d'endettement de la filière porcine est passé de 72% à 79% entre fin 2008 et le premier trimestre 2009. Un quart des exploitations porcines sont proches du dépôt de bilan.

"Le gouvernement a obligé les agriculteurs à beaucoup investir ces dernières années pour mettre aux normes leur exploitation et à être plus compétitif au niveau européen", explique Jean Tesson, président de SOS Agriculteurs 50, une association d'aide aux agriculteurs en difficulté dans le département de La Manche.

Pour compenser la diminution de la main-d'oeuvre, il a fallu aussi mécaniser davantage (tracteurs de plus en plus puissants, bâtiments de plus en plus équipés en électronique, robots pour la traite...).

"Tout cela participe à l'endettement de nos agriculteurs. Certains doivent 300.000 euros à leur banquier et à leurs fournisseurs. Ce qu'a annoncé M. Sarkozy est insuffisant", estime M. Tesson.

En 2007, l'ensemble des agriculteurs français ont remboursé plus de 6 milliards d'euros aux banques (prêts + intérêts), selon les Chambres d'agriculture.

"J'ai dû emprunter 65.000 euros à la banque pour mettre notre exploitation en conformité avec les normes européennes", témoigne, sous couvert d'anonymat, Alexandre, 37 ans, qui a rejoint en mai l'exploitation familiale en Bretagne.

"Aujourd'hui, malgré mon rythme de travail, je travaille pour rembourser la banque sans jamais dégager de revenu. Je vais devoir quitter le métier".

Les éleveurs de porcs et les producteurs laitiers sont les plus endettés.

En août, les encours de crédit des agriculteurs auprès des banques représentaient 41 milliards d'euros, selon les Chambres d'agriculture.

Le Crédit Agricole est la première banque de prêt du secteur. "Nous détenons 80% de parts de marché", confirme un porte-parole de la banque.

Le financement des agriculteurs reste très particulier, note-t-il, "la durée des prêts est très longue et les taux d'intérêt relativement bas".


Par Philippe LE ROUX - Délégué de la Circonsription - Publié dans : Point de Repère
Mardi 3 novembre 2009 2 03 /11 /Nov /2009 12:27
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