Partager l'article ! Douloureux débat autour de l'anonymat du don de sperme: Le principe de l'anonymat du don de sperme, à l'origine de milliers de naissance ...
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Le principe de l'anonymat du don de sperme, à
l'origine de milliers de naissances en France depuis 1973, est au coeur d'un douloureux débat entre enfants soucieux de "faire taire les fantasmes" autour de leur géniteur et ceux pour qui ce don
n'est "qu'un support biologique".
"Une majorité de donneurs voient ça comme le simple don d'un support biologique, complètement désinvesti d'un engagement parental", estime ainsi Christophe Masle, étudiant lyonnais de 23 ans qui a appris dès l'âge de quatre ans la spécificité de son origine.
"J'ai besoin de savoir à quoi il ressemble, quel est son visage, sans forcément le rencontrer, mais pour faire taire tous ces fantasmes et pouvoir me réapproprier mon histoire", explique quant à elle, sous couvert de l'anonymat, Julie, militante de l'association Procréation médicalement anonyme (PMA, www.pmanonyme.asso.fr), qui compte aussi d'anciens donneurs et des couples ayant bénéficié d'un don.
Cette juriste de 29 ans, qui se présente comme "une IAD" (Insémination artificielle avec sperme de donneur), a découvert sa particularité il y a quelques mois, à la faveur d'une "rupture du pacte" conclu trente ans plus tôt entre ses parents. D'autres militants de l'association le savent depuis leur enfance, insiste Julie, aujourd'hui soutenue dans son combat par ses parents.
Depuis, elle milite activement au sein du PMA pour obtenir la révision de la loi de bioéthique qui encadre le don de sperme en France, sur le modèle de pays comme la Suède où l'anonymat a été levé dès 1984.
Son association est le fer de lance de la levée de l'anonymat, derrière des figures comme Arthur Kermalvezen, dont le livre "Né de spermatozoïde inconnu..." est récemment sorti en poche.
D'autres voix s'en sont mêlées, comme l'Eglise catholique, qui demande au législateur français, sur son blog bioethique.catholique.fr, de "prendre des décisions" face à la "contestation" de l'anonymat.
"On voudrait que le donneur soit informé qu'à 18 ans, l'enfant, s'il le souhaite, pourra savoir qui il est", explique Julie de son côté.
"En ce moment, on entend beaucoup les partisans de la levée de l'anonymat, les cas d'enfants en souffrance sont surmédiatisés", critique Christophe Masle, qui a créé l'Association des enfants du don (ADEDD, www.adeed.fr).
"Moi aussi, j'ai eu des fantasmes par rapport au donneur. Mais quand on a des parents sereins par rapport à la stérilité, ça passe", assure-t-il.
La toute jeune association lyonnaise ADEDD organise des groupes de parole pour des enfants issus du don et répond à des couples qui s'interrogent sur la façon dont leurs enfants vivront leur particularité.
"On a un peu l'impression d'avoir été des cobayes, tout le monde reconnaît qu'à l'époque, ça n'était pas très bien géré. Nous sommes la première génération à pouvoir témoigner, il me semble qu'il y a des leçons à en tirer", dit Julie, dont l'association déplore l'absence, encore aujourd'hui, de suivi psychologique systématique des donneurs, des parents et des enfants nés du don.
Aux Etats-Unis, où le don n'est pas gratuit, les banques de sperme privées proposent aux receveurs de choisir entre un don anonyme ou non. Parmi elles, Cryobank, basée en Californie, vante sur internet son recrutement de donneurs auprès des étudiants "des meilleurs universités" américaines et propose de choisir son "donneur idéal en quelques clics", sur photo.