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La Commission baleinière internationale (CBI), qui se réunit à Funchal sur l'île portugaise de Madère du 22 au 28 juin, est une organisation internationale qui s'efforce de réglementer la chasse et la conservation des baleines au niveau mondial.
Elle réunit chaque année dans un pays différent les pays membres, aujourd'hui au nombre de 85, pour dresser un état des lieux de la ressource et adapter la réglementation, à travers la création de sanctuaires marins, la protection de nouvelles espèces ou l'établissement de quotas et dates de pêche.
Ses décisions peuvent cependant être contournées par les Etats-membres qui disposent d'un "droit d'objection". Ainsi la Norvège et l'Islande, qui a repris la chasse en 2006, continuent de tuer des cétacés à des fins commerciales.
Créée en 1946 par 15 pays baleiniers afin d'assurer la conservation des populations, l'organisation, dont le secrétariat permanent est basé à Cambridge (Royaume-Uni), s'est transformée en lieu d'affrontement entre Etats "chasseurs" (Japon, Norvège et Islande qui tuent près de 2.000 baleines par an) et "protecteurs", comme l'Australie, le Brésil ou la France.
Une trentaine d'associations environnementales dont Greenpeace y ont un statut d'observateur sans droit de vote.
Les compétences de la Commission se sont élargies au fil des ans avec la prise en compte des problèmes environnementaux, l'observation des baleines et des petits cétacés.
Face aux menaces d'extinction des baleines (la plupart des espèces ont vu leurs populations réduire de plus de 80% durant l'ère de la chasse industrielle), la CBI a progressivement adopté une attitude plus protectrice.
Elle a ainsi imposé en 1986 un moratoire illimité interdisant la chasse commerciale à la baleine, mais autorisant, selon des quotas précis, la chasse à des fins scientifiques, que pratique notamment le Japon, et la chasse traditionnelle de subsistance, pratiquée par des peuples autochtones (Sibérie, Alaska, Groenland, Saint-Vincent-et-les-Grenadines).
Cependant, avec l'influence grandissante des pays chasseurs ou pro-chasse, la pérennité de ce moratoire est fragilisée et les prises de position diamétralement opposées des pays membres ont affaibli l'organisation, dont l'existence même est désormais remise en cause.
En 2008, lors de sa dernière réunion annuelle à Santiago du Chili, la CBI, dont les décisions doivent être approuvées par 75% des membres, n'avait réussi à se mettre d'accord que sur un point: la création d'un "groupe de travail réduit" chargé de faire avancer les sujets jugés les plus urgents.