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Présentation

La filière de la canne à sucre, qui est avec la banane un pilier de l'agriculture guadeloupéenne, bénéficie du soutien de l'Etat et de l'Union européenne pour faire face à la concurrence des pays en développement comme le Brésil ou l'Inde.

Depuis 2004, le secteur de la canne représente en Guadeloupe la première production agricole en valeur (50,6 millions d'euros) et en proportion du secteur primaire (18,3%), selon un document du Centre technique de la canne à sucre de Guadeloupe (CTCS).

Il emploie directement et indirectement 9.000 personnes, dont 4.000 planteurs (sur 164.000 actifs), et la "sole cannière", qui s'étend sur 14.000 hectares, représente 33% des surfaces arables de l'île, selon le CTCS.

En 2007, 785.000 tonnes ont été produites, dont 90% destinées aux sucreries et le reste aux distilleries.

La filière sucre vit, depuis 1968, sous le régime d'une "organisation commune de marché" (OCM) européenne, qui garantit aux producteurs un prix d'achat, dans la limite de quotas déterminés.

Ce système a permis aux producteurs de canne de satisfaire les besoins communautaires mais aussi "d'exporter, grâce à un mécanisme de subventions, d'importantes quantités vers des pays tiers", selon un rapport de 2006 du sénateur Christian Cointat.

Il a aussi conduit "au maintien au sein de l'Union européenne d'un prix du sucre trois fois supérieur environ aux prix mondiaux", affirme le sénateur.

Les grands pays continentaux comme le Brésil ou l'Inde sont en mesure de fournir du sucre bien meilleur marché que les départements d'outre-mer, en raison d'une production beaucoup plus massive et de coûts salariaux beaucoup plus faibles.

L'Union européenne a été contrainte d'engager une réforme de l'OCM, à la suite d'une plainte de ces pays plus concurrentiels auprès de l'Organisation mondiale du commerce (OMC).

La nouvelle OCM, en vigueur pour la période 2006-2015, prévoit une baisse progressive de 36% sur 4 ans du prix du sucre dans l'Union européenne ainsi qu'une diminution de la production de 5 à 6 millions de tonnes.

Un dispositif de soutien pour les DOM a cependant été mis en place, permettant de "payer la tonne de canne au même prix qu'avant la baisse du prix du sucre", selon le CTCS.

D'après un document de l'INSEE (Antianeéco n°69), les aides cumulées de l'Europe et de l'Etat pour l'ensemble des DOM devaient représenter 102 millions d'euros pour 2007, 109 millions pour 2008, 116 millions pour 2009 et enfin 149 millions pour 2010, à destination des producteurs et des usines de transformation.


Par Philippe LE ROUX - Délégué de la Circonsription
Jeudi 26 février 2009 4 26 /02 /Fév /2009 13:07
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