Partager l'article ! L'hommage de Nicolas Sarkozy aux soldats français tués en Afghanistan: En arrivant au camp, Nicolas Sarkozy s'est recueilli avec ses mini ...
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En arrivant au camp, Nicolas Sarkozy s'est recueilli avec ses ministres de la Défense Hervé Morin et des Affaires étrangères Bernard Kouchner dans la chapelle ardente où ont été disposés les cercueils des dix soldats français de l'Otan.
Puis, sur la place d'armes du camp Warehouse, le Président de la République est allé à la rencontre de chaque soldat français présent.
M. Sarkozy s'est entretenu avec des militaires du 8e Régiment parachutiste d'infanterie de marine (8e RPIMa), qui lui ont raconté l'embuscade et les combats contre les talibans, dans la vallée d'Uzbeen du district de Saroubi, à 50 km à l'est de Kaboul.
Une centaine d'insurgés islamistes avaient pris lundi en embuscade une unité de reconnaissance, tuant neuf soldats français.
Il a fallu l'intervention d'une force de réaction rapide et un soutien aérien rapproché pour dégager les troupes. Une trentaine d'insurgés auraient été tués, selon M. Morin.
Un dixième soldat, parmi ceux dépêchés pour récupérer les blessés, est mort mardi, lorsque son véhicule blindé s'est renversé.
Il s'agit de l'attaque la plus meurtrière pour l'armée française depuis l'attentat contre l'immeuble le Drakkar à Beyrouth en 1983 (58 morts).
Cette embuscade illustre la nouvelle stratégie d'encerclement de la capitale par les talibans, auparavant cantonnés dans leurs bastions du sud et de l'est de l'Afghanistan.
Parallèlement, les insurgés ont multiplié depuis le début de l'année les actions spectaculaires dans la capitale, comme notamment la tentative d'assassinat du président Hamid Karzaï en avril.
Devant près de 300 de leurs camarades réunis sur la place d'armes du camp, il confiera un peu plus tard son émotion.
"J'ai vu ces dix cercueils. Sur chacun d'entre eux, la photo de vos camarades. Et puis l'âge. 20 ans, 21 ans, 22 ans. J'en ai vu parmi vous qui pleuraient, je les comprends", lâche-t-il. "Je vous ai dit que je partage votre douleur et ce ne sont pas des mots, sinon je ne serais pas là".
Protégé par un écran d'hommes en civil lourdement armés, le président français se rend ensuite à l'hôpital de campagne qui a accueilli les blessés des combats de lundi. Nicolas Sarkozy s'entretient avec quelques uns d'entre eux, qui seront rapatriés mercredi soir en France. Malgré la climatisation qui tourne à plein régime, le climat est pesant.
Aux soldats français, il dit qu'il est venu s'associer à leur "peine indicible". Il exprime aussi sa responsabilité. "Les ordres qui vous sont donnés, c'est à moi de les assumer (...), quand il arrive quelque chose, je m'en sens responsable".
Le chef de l'Etat répète ses convictions. "Je suis venu vous dire que le travail que vous faites ici, il est indispensable", lance-t-il aux militaires, "parce qu'ici se joue une partie de la liberté du monde, parce qu'ici se mène le combat contre le terrorisme".
Malgré les pertes de lundi, Nicolas Sarkozy défend aussi sa décision de renforcer le contingent français en Afghanistan, dénoncée par l'opposition de gauche française comme un "alignement" sur les Etats-Unis.
Après une minute de silence, le président s'est rendu au palais du président afghan Hamid Karzaï.
"La France est une amie sincère et un soutien important de l'Afghanistan et nous sommes profondément attristés et choqués", a déclaré M. Karzaï à l'issue de l'entretien.
Le président français a ensuite quitté Kaboul pour la France, alors qu'un Boeing médicalisé a rapatrié en fin de matinée 11 des 21 blessés français et que les corps des dix soldats tués devaient arriver dans la journée.
Le président français, à Kaboul, demande aux soldats de poursuivre le combat
Le président français Nicolas Sarkozy a demandé aux soldats français de poursuivre le "combat contre le terrorisme", après la mort de dix des leurs dans l'attaque la plus meurtrière contre les troupes étrangères en Afghanistan.
"La meilleure façon d'être fidèles à vos camarades c'est de continuer le travail, c'est de relever la tête, c'est d'agir en professionnels", a-t-il lancé aux militaires français.
"Je n'ai pas de doute, il faut être là. (...) je vous dis en conscience que si c'était à refaire, je le referais. Pas la patrouille et l'enchaînement des événements, mais le choix qui m'a amené à confirmer le choix de mes prédécesseurs d'envoyer l'armée française ici", a-t-il souligné.
M. Sarkozy avait décidé en avril de renforcer le contingent français en Afghanistan.
Environ 3.000 militaires français sont actuellement engagés en Afghanistan, au sein de l'Isaf. Avant les pertes de lundi, 13 militaires français étaient morts en Afghanistan depuis 2002, dans des accidents, opérations ou attentats.
Quelque 176 soldats étrangers sont morts en Afghanistan depuis le début de l'année.
Les talibans ont lancé une insurrection meurtrière depuis qu'ils ont été chassés du pouvoir à la fin 2001 par une coalition internationale emmenée par les Etats-Unis. Les violences ont redoublé d'intensité depuis près de deux ans malgré la présence de 70.000 soldats de deux forces multinationales, celle de l'Otan et l'autre sous commandement américain (Opération Enduring Freedom).