Le Premier ministre François Fillon défend Nicolas Sarkozy sur ses propositions de référendums sur les chômeurs et le droit applicable aux étrangers, qualifiant notamment de "contre-sens" toute perception d'une droitisation, dans un entretien au journal Le Monde.
"Y voir une stigmatisation des chômeurs, une droitisation de la majorité, est un contre-sens", affirme M. Fillon, qui dit avoir été choqué par les réactions des candidats à la présidentielle François Hollande (PS) et François Bayrou (MoDem) "en direct", "sans même avoir lu" l'interview du chef de l'Etat au Figaro Magazine de samedi dernier.
"Nous dépensons 30 milliards d'euros par an dans la formation professionnelle mais seuls 10% des chômeurs sont en formation. C'est un échec, un immense gâchis. (...) Le système de la formation professionnelle est resté un maquis. D'où l'idée d'un changement de méthode", fait-t-il valoir.
Selon lui, "une formation qualifiante doit être proposée à tous les chômeurs", et "si les partenaires sociaux, sur la base de ce principe, négocient et aboutissent, tant mieux".
"Mais le gouvernement ne doit plus accepter de demi-mesure. En cas d'échec, il faut surmonter le blocage et demander son avis au peuple", confirme-t-il.
S'agissant du droit applicable aux étrangers, François Fillon qualifie d'"ingérable" la situation actuelle, où "plusieurs juges, administratifs et judiciaires", interviennent sur un même dossier de reconduite à la frontière.
"Depuis 2007, le président de la République a dit qu'il faudrait une juridiction unique. Mais il faut pour cela une modification de la constitution", une démarche "quasi-impossible" depuis le basculement du Sénat à gauche, argumente-t-il.
Au final, selon M. Fillon, "présenter le recours au référendum comme une mesure populiste est étrange".
Auprès du Monde, et comme il le fait lors de ses meetings en province, le Premier ministre se dit par ailleurs convaincu que "rien n'est joué" pour l'élection présidentielle.
"Tout (...) se jouera dans les trois dernières semaines", estime-t-il.
Face à un Nicolas Sarkozy qui "sent très bien la situation, le pays" et qui pendant la campagne "va trouver les mots et les moyens de s'adresser" aux Français, il oppose les propositions "totalement incompréhensibles" de François Hollande, particulièrement en matière de réduction de la dépense publique.
Pour ce qui est du cas de la candidate FN Marine Le Pen, François Fillon affirme de nouveau croire qu'elle "aura ses (500) signatures".
Le FN "nous fait ce numéro à chaque élection présidentielle", et Mme Le Pen "ne peut pas s'exonérer de la question de savoir pourquoi elle a tant de mal à les obtenir", ajoute-t-il.
Estimant ne pas avoir "de conseil" à donner aux maires, M. Fillon ne se dit pas opposé à une évolution de cette règle des parrainages, "pour la prochaine fois". Car "il est inenvisageable de changer les règles du jeu à la veille de l'élection ou d'aller vers l'anonymat. Ce serait une régression démocratique inacceptable", répète-t-il.
Par Philippe LE ROUX - Délégué de Circonscription - Publié dans : Action présidentielle et gouvernementale



