Le président Nicolas Sarkozy a fixé lundi les grandes lignes de la politique de son prochain gouvernement pour permettre à la France de sortir "plus forte" de la crise, lors de la
première allocution, contestée, d'un chef de l'Etat devant le Congrès depuis 1848.
Devant les députés et sénateurs réunis dans le cadre solennel du château de Versailles, M. Sarkozy a annoncé le remaniement
"mercredi" de l'équipe dirigée par François Fillon, qui sera chargée de "réfléchir aux priorités nationales et à la mise en place d'un emprunt pour les financer".
Le montant et les modalités de cet emprunt, qui constitue la principale annonce du discours présidentiel, "seront arrêtés
une fois que nous aurons fixé ensemble les priorités. Nous le ferons soit auprès des Français, soit sur les marchés financiers", a-t-il dit.
Sans préciser de date de la sortie de crise - "la crise n'est pas finie et nous ne savons pas quand elle se terminera"-, il
a de nouveau refusé d'engager une politique de la rigueur.
"Je ne ferai pas la politique de la rigueur parce que la politique de rigueur a toujours échoué. Je n'augmenterai pas les
impôts car cela retarderait longtemps la sortie de crise", a dit le président, s'en tenant à la ligne qu'il s'est fixée dès son arrivée à l'Elysée.
Le chef de l'Etat s'est d'abord appliqué à défendre les réformes déjà engagées depuis le début de son mandat.
Pêle-mêle, il a promis d'aller "jusqu'au bout" de la loi Hadopi sur la protection des droits d'auteur sur internet, malgré
la censure du Conseil constitutionnel sur son volet répressif. Sur le chantier de la réforme des collectivités territoriales, il a assuré qu'il ne se "dérobera pas" sur la réduction annoncée du
nombre d'élus régionaux et départementaux.
En matière sociale, il a répété qu'il ne "reculera pas" sur la règle du non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux
partant à la retraite et qu'il irait "plus loin sur la maîtrise des dépenses de santé".
Très attendu après le ballon d'essai lancé par son ministre du Travail Brice Hortefeux, Nicolas Sarkozy a également assuré
que le gouvernement "prendra ses responsabilités" à la "mi-2010" sur le dossier des retraites, ouvrant la porte à un relèvement de l'âge légal de la retraite déjà dénoncé par les
syndicats.
S'il s'est déclaré favorable à une initiative parlementaire sur le voile intégral, le président a déjà tranché le débat en
assurant que la burqa "n'est pas la bienvenue sur le territoire de la République".
Pour le reste, il a souhaité "que l'on propose une solution à tous les adolescents qui sortent du système scolaire à 16 ans
sans rien" et réaffirmé que tout licencié économique devait "pouvoir garder son salaire et recevoir une formation pendant un an".
En matière d'environnement, Nicolas Sarkozy a confirmé sa "détermination" à avancer sur la taxe carbone: "plus nous
taxerons la pollution plus nous allègerons les charges pesant sur le travail".
Minutes par minutes :
14:27 - L'UMP fustige la "vacuité" de l'opposition
Les ténors de l'UMP ont fustigé en chœur la "vacuité" de l'opposition, qui "n'est pas au rendez-vous de l'enjeu" que représente, selon eux, le "moment historique" de l'intervention du chef de l'Etat devant le Congrès à Versailles. "Je peux témoigner [que] nous avons été unanimement surpris par la posture de l'opposition. Leur silence est incompréhensible
et extravagant", a déclaré Jean-François Copé, président du groupe UMP à l'Assemblée nationale.
14:53 - Le Conseil constitutionnel valide le règlement du Congrès
Le Conseil constitutionnel a validé, peu avant l'intervention de Nicolas Sarkozy
devant le Parlement, le règlement du Congrès qui définit les modalités de cette prise de parole présidentielle. "La résolution soumise à l'examen du Conseil constitutionnel est déclarée conforme à la Constitution", ont décidé
les "Sages" de la rue Montpensier.
14:55 - Sarkozy commence à s'exprimer devant le Congrès
Nicolas Sarkozy commence à s'exprimer devant le Parlement réuni en Congrès à
Versailles. Une première depuis 1875.
15:02 - Sarkozy devant le Congrès : "la crise n'est pas finie"
Nicolas Sarkozy déclare devant le Congrès que "la crise économique n'est pas finie", estimant que "rien ne [serait] plus comme avant". "Faire comme si tout devait recommencer comme avant avec les mêmes critères, avec les mêmes méthodes, serait une erreur
fatale", juge-t-il. "Nous ne savons pas quand elle se terminera", dit-il encore à
propos de la crise.
15:16 - Sarkozy : "La laïcité, ce n'est pas le rejet du sentiment religieux"
"La laïcité, ce n'est pas le rejet du sentiment religieux",
affirme le président. "C'est un principe de neutralité, de respect", précise-t-il, ajoutant : "Nous ne devons pas avoir honte de nos valeurs."
15:20 - Sarkozy : "La burqa, c'est un problème de liberté"
Nicolas Sarkozy souligne que le port de la burqa (voile intégral) est
"un problème de liberté, de dignité de la femme". "La burqa n'est pas un problème religieux. C'est un signe d'asservissement, d'abaissement de la femme",
insiste-t-il, précisant qu'elle "n'est pas la bienvenue sur le territoire de la
République".
15:23 - Sarkozy sur la loi Hadopi : "J'irai jusqu'au bout"
Nicolas Sarkozy dit vouloir aller "jusqu'au bout" à propos de la loi Création et Internet, dite Hadopi, contre le téléchargement illégal en
ligne.
15:26 - Sarkozy rejette la "politique de la rigueur"
Nicolas Sarkozy rejette le principe d'une "politique de la rigueur". "Je ne ferai pas la politique de la rigueur car la politique de la rigueur a toujours échoué", affirme-t-il,
précisant : "Je n'augmenterai pas les impôts."
15:30 - "Nous sommes au rendez-vous des réformes"
Le président affirme que le gouvernement sera "au rendez-vous des réformes". "Nous poursuivrons la réforme de l'Etat et celle de la carte administrative. Nous ne reculerons pas sur le non-remplacement
d'un fonctionnaire sur deux dans la fonction publique. Nous irons plus loin dans la maîtrise des dépenses de santé et nous irons jusqu'au bout dans la réforme des collectivités
locales", insiste-t-il.
15:38 - "Remaniement gouvernemental" annoncé pour mercredi
Nicolas Sarkozy annonce un "remaniement gouvernemental" pour mercredi.
15:40 - Sarkozy évoque la création d'un emprunt national
Le chef de l'Etat annonce la création d'un emprunt national, qui sera
exclusivement consacré au financement de priorités stratégiques et levé soit sur les marchés financiers soit auprès des Français. Le montant et les modalités de cet emprunt ne seront arrêtés que
lorsque ces priorités auront été fixées, précise-t-il.
15:42 - "L'Europe doit changer"
"L'Europe doit changer", prévient le président, estimant "qu'elle ne pourra plus fonctionner après la crise comme avant". "Le changement de l'Europe et de la France doivent aller de pair", ajoute-t-il.
15:46 - Réforme des retraites : le "temps de la décision" pour "mi-2010"
Sarkozy déclare que "le temps de la décision" sur la réforme des retraites interviendra "mi-2010", précisant que "tout sera sur la table", y compris le relèvement de l'âge de départ.
15:47 - Interruption de séance après le discours du président
La séance est interrompue après le discours de Nicolas Sarkozy devant le Congrès
à Versailles.
15:53 - Sarkozy souhaite "une solution" pour éviter aux jeunes de "rester en marge"
Le président a souhaité "que l'on propose une solution à tous les adolescents qui sortent du système scolaire à 16 ans sans rien" pour
"leur éviter de rester en marge de la société". "C'est un investissement incontournable pour la société française", a expliqué le chef de l'Etat. M. Sarkozy
s'est prononcé également pour la prise en charge par l'Etat des "internats d'excellence"
accueillant les "enfants de milieu modeste".
16:07 - Copé : "Nous avions besoin de ces orientations"
Le président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, Jean-François Copé, a jugé
qu'à "l'instar de ses collègues" il avait "beaucoup apprécié" l'allocution du chef de l'Etat. "Ce n'était pas un discours de politique générale, mais un discours de président de la République, avec beaucoup de hauteur.
La preuve c'est qu'il n'y a pas eu de sifflets […]. Nous avions besoin de ces orientations", a-t-il indiqué.
16:19 - Sarkozy va proposer que tout licencié économique garde son salaire pendant un an
Nicolas Sarkozy a annoncé devant le Parlement réuni en Congrès qu'il proposerait
que "tout licencié économique" puisse "garder son salaire et recevoir une formation pendant un an". "J'affirme que tout licencié économique, je dis bien tout licencié économique, doit pouvoir garder son salaire et recevoir
une formation pendant un an", a lancé le chef de l'Etat à la tribune.
16:25 - Sarkozy souhaite "aller le plus loin possible sur la taxe carbone"
Le président a confirmé devant le Congrès sa "détermination" à avancer sur la taxe carbone pour lutter contre la pollution et alléger les charges pesant sur
le travail. "Je souhaite aller le plus loin possible sur la taxe carbone. Plus nous taxerons la pollution,
plus nous allégerons les charges pesant sur le travail", a déclaré le chef de l'Etat, sans précision de calendrier.
16:43 - Un discours "fort" qui "prend toute la mesure de la crise",
selon Xavier Bertrand
Le secrétaire général de l'UMP, Xavier Bertrand, a estimé que le discours du
président était "particulièrement fort" et qu'il prenait "toute la mesure de la crise". "Ce n'est pas un discours comme les autres. Il prend toute la mesure de la crise et il indique aujourd'hui ce qui est
maintenant interdit. Dépenser n'importe comment, c'est interdit. Le statu quo en matière de collectivités territoriales, c'est interdit", a déclaré M. Bertrand dans les couloirs du
Congrès.
16:46 - La République "tiendra sa promesse d'égalité" pour l'outre-mer
Le chef de l'Etat a promis que la République "tiendrait sa promesse d'égalité" vis-à-vis des 2,6 millions de Français vivant outre-mer, devant le Congrès
réuni à Versailles. "Comment pourraient-ils se sentir pleinement citoyens de notre République si notre
République tient si peu à leur égard la promesse d'égalité qu'elle fait à tous les citoyens ?", a-t-il lancé, assurant qu'à l'occasion de son déplacement là-bas, dans trois jours, il
"parlerait avec eux des moyens par lesquels la République pourra tenir ses engagements".
17:05 - Bernard Debré : "Un discours presque gaullien"
Le député UMP de Paris Bernard Debré s'est dit "totalement convaincu" par le discours de Nicolas Sarkozy devant le Congrès, qu'il a même qualifié de
"presque gaullien". "J'ai été assez emballé. Il nous a donné un ordre de marche. C'était un très grand moment, un très grand discours car il nous
a appelés à l'action et a parlé d'identité nationale, de fraternité", a-t-il souligné.
17:10 - Lefebvre : "Un discours important, qui voit loin"
Le porte-parole de l'UMP, Frédéric Lefebvre, a jugé que l'adresse de Nicolas
Sarkozy devant le Congrès était "un discours important". "C'est un discours important parce qu'il voit loin. C'est une vision. Il nous a donné une ligne de conduite des réformes à
engager et, en même temps, il a su trouver les mots pour s'adresser à tous les parlementaires", a-t-il ajouté.