Le ministre du Travail Michel Sapin a laissé entendre mercredi que les chiffres du chômage en avril, qui doivent être publiés en fin d'après-midi, seraient, une nouvelle fois, mauvais.
"Il m'étonnerait que l'évolution soit bonne", a-t-il déclaré à ce sujet.
Le ministre a aussi estimé que le chiffre, avancé par la CGT, de 45.000 emplois menacés par des plans sociaux dans les entreprises, en cours ou à venir était "réaliste".
Cette "liste noire" a été remise au gouvernement par la centrale mardi lors de la série de rencontres organisées avec les syndicats de salariés et patronaux, reçus à Matignon pour préparer la grande conférence de sociale de juillet.
"Il y a les chiffres qui ont été cités par le patronat (...), il y a les chiffres que nous verrons ce soir sur le chômage. Je ne peux pas vous dire ça à 100, à 1.000 ou à 10.000 près, ce qui est déjà beaucoup, mais oui il y a des inquiétudes réelles", a-t-il déclaré.
"Il faut éviter la généralisation (des plans sociaux). Il faut faire du cas par cas", a-t-il encore dit, appelant à ne pas "laisser les dossiers s'endormir".
45.000 emplois menacés, "oui, c'est un chiffre qui est réaliste, avec des situations extrêmement différentes", a dit M. Sapin.
"Dans certains cas, ce sont des emplois déjà sur la table, qui sont déjà quasiment détruits. Dans d'autres cas, il est parfaitement possible de les sauver", a-t-il encore affirmé.
Interrogé sur le "coup de pouce" au Smic, il a laissé entendre qu'il serait limité.
"Il faut regarder ce qui est légitime parce qu'il y a des situations insupportables (...) et en même temps on est dans une économie qui va mal", a déclaré M. Sapin, estimant qu'il fallait des "conditions maîtrisées et compatibles avec le fonctionnement des petites et moyennes entreprises (...), qui peuvent être fragiles".
Alors que le journaliste lui disait que ces propos laissaient penser que le coup de pouce serait faible, le ministre a répondu: "Le commentaire n'est pas faux".
Mardi soir sur France 2, François Hollande a confirmé un coup de pouce au Smic, sans pour autant "déstabiliser les entreprises".
Par Philippe LE ROUX - Délégué de Circonscription - Publié dans : Le reniement, c'est maintenant !



